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Biographie
Jean Bollack est né en 1923 à Strasbourg au sein d’une famille juive alsacienne. Il passe ses premières années en Suisse car
« [alors qu’il avait] à peine deux ans, [son] père [avait] été chargé par les patrons de son entreprise de commerce de céréales
(portant le nom de Baumann) de diriger une succursale dans la ville de Bâle. » « C’est là, poursuit Jean Bollack, que j’ai
grandi dans une maison sur les hauteurs qui dominaient la ville […]. »… À Roger-Pol Droit, il confiera : « […] grâce à cette
circonstance j’ai survécu au nazisme ». « […] Rien dans mon adolescence ne se comprend vraiment sans la montée de l’hitlérisme
qui a joué, dans ma vie personnelle, un rôle essentiel » précise Jean Bollack dans Au jour le jour.
À Bâle, il y eut bien sûr « l’enseignement de Peter von der Mühll » ; Bollack fut « initié par lui à la tradition hégémonique
de la science allemande, et plus particulièrement de la philologie grecque. » C’est « dans la même ville » qu’il entrera «
en contact, à travers des écrivains et des artistes vivants, avec la littérature moderne […]. Albert Béguin enseignait également
à Bâle. Professeur de littérature française, il était en étroite relation avec les poètes et les écrivains de la résistance
française ; il accentua l’intérêt particulier que portait Jean Bollack aux lettres contemporaines, françaises et allemandes,
et spécialement à leur portée critique, que l’on considérait peu jusque-là. »
Puis, en 1945, c’est le départ de Suisse, et la poursuite de ses études à Paris. Jean Bollack se forme auprès d’illustres
professeurs, parmi lesquels Benveniste, Koyré, ou Canguilhem. Agrégé de grammaire, il soutiendra une thèse sur Empédocle,
dirigée par Pierre Chantraine. C’est à Lille (son « Harvard du bassin minier ») que, dès 1958, il enseigne la littérature
et la pensée grecques, attirant auprès de lui nombre d’étudiants remarquables, étonnants philologues qui renouvèleront, à
ses côtés, les études grecques. Mais il enseigne aussi à Berlin, à Genève ou à l’École normale à Paris (invité par Pierre
Bourdieu et Jacques Derrida). En 1970-71, il passe un an à Princeton comme membre de l'Institute for Advanced Study.
En 1958 ou 1959 (la date diffère selon les sources), Jean Bollack fait par l'intermédiaire de Peter Szondi la rencontre de
Paul Celan. C'est le début d'une amitié de plus de dix ans, jusqu'au suicide de ce dernier en avril 1970. Un an plus tard,
ce sera Peter Szondi qui mettra fin à ses jours, laissant Jean Bollack légataire de ses écrits posthumes. Dès 1972, mais surtout
à partir du milieu des années 80, Bollack se consacre à un vaste travail d'interprétation des poèmes de Celan. Poursuivant
une démarche initiée par Szondi et qui puise dans sa propre méthode herméneutique, Bollack contribuera substantiellement à
la réception critique française de Celan, tout en se positionnant en rupture avec une partie de celle-ci. Ses travaux en collaboration
avec de nombreux chercheurs, constitués dès la fin des années 1980 en cercle d'étude interprétative des textes du poète, sont
un témoignage sûr de cette contribution.
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Jean Bollack en février 2011 (Menerbes / CC-BY-SA.3.0).
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Volume et contenu des documents
A. Manuscrits, tapuscrits et épreuves des écrits et des études de Jean Bollack (littératures grecque et latine, littérature
allemande, littérature française, judaïca, herméneutique et critique, notes, entretiens).
B. Correspondance de Jean Bollack
C. Documents personnels de Jean Bollack
D. Collections
Informations administratives
www.jeanbollack.com
Restrictions d'accès
Consultation limitée à la salle de lecture des ALS. Restrictions conformément au droit d'auteur et aux droits attachés à la
personnalité.
Mention lors de citations
Archives littéraires suisses (ALS). Fonds Jean Bollack
Mode d'acquisition
DonAchat et don, 2014
Mise en valeur du fonds